[0:01] À partir de maintenant, les utilisateurs d'iPhone vont devoir dire quel âge [0:06] ils ont. En tout cas, au Royaume-Uni. C'est une petite révolution qui arrive avec la nouvelle version iOS 26.4. Apple est en train de mettre en place une vérification d'âge sur tous les iPhones. Une révolution qui s'explique par une nouvelle loi britannique qui vise à protéger les mineurs contre les contenus en ligne inappropriés, c'est-à-dire réservés aux plus de 18 ans, ou interdits aux moins de 18. Alors concrètement, ça veut dire quoi ? Eh bien ça signifie que pour les nouveaux utilisateurs, ceux qui achèteront un iPhone, la vérification pourra apparaître dès la création ou la configuration du compte Apple associé. Pour ceux qui possèdent déjà un iPhone, ça va se passer après avoir fait la mise à jour ou quand ils tenteront d'accéder à un contenu ou une application réservée aux adultes. [0:54] Apple va donc demander de prouver que l'on a bien 18 ans ou plus. Comment ? Avec un moyen de paiement, une carte bancaire liée au compte iCloud ou éventuellement en fournissant une pièce d'identité. Et si l'utilisateur est mineur, que se passera-t-il ? L'iPhone ne sera pas complètement bloqué, mais l'accès va être limité, filtré. En fait, iOS active un filtre de contenu web qui empêche d'accéder à certains sites réservés aux plus de 18 ans, comme par exemple les sites pornographiques. Les applications étiquetées plus de 18 ans ne peuvent plus être installées et la fonction sécurité des communications est activée. C'est un système qui permet de flouter automatiquement les photos ou les vidéos sensibles, notamment quand on tente de les partager. Alors c'est donc un usage totalement nouveau qui se met en place avec une vérification [1:47] de l'âge, en plus de la vérification d'identité qui existait déjà pour créer un compte Apple. En Grande-Bretagne, cette nouvelle contrainte qui découle donc de l'adoption de l'Online Safety Act est diversement accueillie. Les autorités britanniques se félicitent et remercient Apple quasiment d'avoir mis en œuvre cette protection. A l'inverse, sur les réseaux sociaux, des voix commencent à se faire entendre pour critiquer ce système considéré comme une entrave à la vie privée. [2:17] Alors, Apple avait-il obligation de mettre en place cette fonctionnalité ? Eh bien, en réalité, pas vraiment. Il n'y avait pas d'obligation concrète demandant aux systèmes d'exploitation iOS ou Android de filtrer les contenus. [2:32] Ça se discutait plutôt au niveau des éditeurs, notamment les plateformes de réseaux sociaux ou les sites pornographiques. Mais c'est en train de changer, et y compris aux États-Unis. [2:43] Les fournisseurs de plateformes logicielles commencent à être sous pression. C'est la raison pour laquelle Apple a préféré prendre les devants et mettre en place, en Grande-Bretagne pour commencer, cette nouvelle disposition. [2:55] Alors la question maintenant c'est de savoir si ça pourrait arriver en Europe, et notamment en France. Eh bien en réalité, c'est pas sûr. Et en tout cas pas sous cette forme, et pas tout de suite. Car même si la vérification d'âge et la question de la protection des mineurs sont des sujets très sensibles, très discutés en Europe, notamment en France... Les pays européens, en réalité, privilégient une autre approche, qui est basée sur le fameux portefeuille numérique européen. Ce futur portefeuille permettra de se déclarer de manière officielle. [3:26] De dire quel âge on a, ou en tout cas d'indiquer sa date de naissance, et donc d'être bloqué, entre guillemets, plus en amont sur certains services. Il reste encore à définir exactement comment va fonctionner ce portefeuille, pour pouvoir préserver malgré tout la vie privée et la confidentialité des données des utilisateurs lorsqu'ils iront sur tel ou tel site web. [3:48] En tout cas, on sait que la France est très engagée dans ce domaine et donc ça pourrait bien être l'un des pays les plus stricts avec, comme ça a déjà été évoqué, une logique de blocage carrément en dessous de 15 ans et une obligation de vérification obligatoire. Mais pour l'instant, on n'en est pas encore là. Il y a une règle européenne et petit à petit, des règles et surtout des procédures nationales sont en train de se mettre en place. Mais on sait à quel point tout cela est difficile, à quel point c'est compliqué [4:16] d'un point de vue technique et aussi juridique. En réalité, ce qui risque de se passer, c'est que l'on risque d'avoir une Europe à plusieurs vitesses avec des règles communes sur le principe, mais des implémentations différentes selon les États. [4:30] En attendant, c'est aux parents de surveiller ce que les enfants font avec leur smartphone et éventuellement d'activer un contrôle parental comme il est désormais possible de le faire sur tous les smartphones.